dimanche 29 août 2010

La Fortune de Sila, un roman de Fabrice Humbert


Au milieu de la masse de livres de cette "rentrée littéraire" se cachent quelques pépites. Je crois que j'en ai trouvé une. Je vous ne parlerai donc pas du nouveau d'Ormesson, ni du nouveau Nothomb mais du nouveau roman de Fabrice Humbert : La Fortune de Sila, paru le 19 août 2010 aux Editions Le Passage. Je l'ai lu avec avidité en deux nuits de vacances. Ce livre puissant a pour moi toutes les vertus de ce que devrait être un roman au XXIème siècle : il est très bien écrit (l'auteur enseigne le français dans l'un des meilleurs lycées de la région parisienne), on vibre avec les personnages, et il nous fait (beaucoup) réfléchir. La Fortune de Sila est en effet un livre très bien documenté mais c'est surtout le regard du romancier sur notre société et sur les Hommes qui donne à ce livre toute sa perspicacité. De nombreux thèmes évoqués dans ce livre sont d'ailleurs proches des idées développées dans Siècle bleu et sur ce blog, avec un regard différent, donc complémentaire.


L'intrigue du roman s'articule autour de Sila, un clandestin africain qui fuit la misère de son pays pour s'établir en France où ses talents lui permettront de devenir serveur dans l'un des meilleurs restaurants de Paris. Dans ce restaurant, un riche américain, spécialiste des prêts immobiliers aux familles défavorisées (les fameuses "subprimes"), lui casse le nez sous l'oeil d'un oligarque russe et de deux jeunes français dont l'un vient fêter son embauche chez Goldman Sachs. Devant cet acte gratuit et violent, aucun ne réagit. Cette passivité marquera pour chacun des personnages leur entrée dans la barbarie, dans l'inhumain, et sera le début d'une longue descente aux enfers. Fabrice Humbert, à travers la trajectoire de ces 4 personnages, pointe ce moment charnière où la vie d'un humain bascule du côté du héros ou de celui du monstre (j'ai longuement développé cette idée dans le post "La ligne de partage entre le bien et le mal"). L'indifférence est un premier pas vers la compromission, et elle même un premier pas vers la monstruosité.


Fabrice Humbert nous donne évidemment les clés historiques et économiques pour comprendre la crise des subprimes, la genèse des oligarques (qui ont réussi sous l'ère Eltsine le plus grand pillage de l'histoire de l'humanité) et l'avidité sans limites des grandes banques, mais il nous permet surtout de les appréhender par le prisme de ses personnages. C'est là que ce livre est vraiment puissant car le développement exponentiel de chacun de ces trois Golem, est lié aux choix d'êtres humains qui, en raison de leurs faiblesses, ont entraîné l'humanité au bord du précipice. Le roman permet de donner une clé de lecture (mais pas de solution malheureusement) à ces événements, clé de lecture qui serait inaccessible à l'essai. L'écueil aurait été de tomber dans la caricature de ces personnages (et de nombreux romans qui se sont intéressés à ces problématiques se sont brisés sur cet écueil), mais comme en aucun cas Fabrice Humbert ne juge, il se borne à décrire leur fonctionnement psychologique (et leurs douleurs) et il s'en sort donc à merveille. Le résultat n'en est que plus accablant pour les protagonistes.


Quelques morceaux choisis en guise de mise en bouche :


Toute société, en ses origines, est dirigée par des voleurs et des criminels, qui s'imposent dans un monde sans loi, et ce n'est qu'ensuite, par le gauchissement de l'épopée et de la mémoire, que les criminels deviennent de grands hommes. Les seigneurs du Moyen-Âge furent des pilleurs sauvages, comme l'avaient été les premiers Grecs et les premiers Romains. De même que les millionnaires du XIXe siècle américain furent des bandits érigeant leur fortune d'acier et de pétrole dans le vol et le chantage avant de se refaire une morale dans de belles fondations artistiques et citoyennes dont leurs descendants s'enorgueillissent, Lev appartient à une époque sauvage où les criminels et les voleurs arrachèrent les meilleurs morceaux de la dépouille impériale. (p. 41)


Des chercheurs et des écrivains ont également analysé le lent cheminent du Mal, dans sa banalité, altérant peu à peu un homme tout à fait ordinaire. (p. 49).


Dans l'édifice éternel du mariage, la faille béante de la violence venait de s'ouvrir. (p. 127).


Ce livre ne plaira certes pas à tout le monde (mais faut-il qu'un livre plaise à tout le monde ?) car il traite de problématiques a priori austères, mais je suis certain qu'il trouvera un large public car la manière de les aborder est audacieuse. Fabrice Humbert avait signé l'an dernier L'Origine de la violence, un roman épatant qui nous menait sur les traces d'un jeune professeur de français qui découvrait, lors d'un déplacement avec sa classe à Büchenwald, qu'un des prisonniers ressemblait à son père. A travers la quête de son véritable grand-père, le professeur découvre l'origine de la violence qui le ronge depuis sa naissance. La Fortune de Sila aurait également pu s'appeler "l'origine de la violence contemporaine". On lui souhaite en tout cas le même succès (L'Origine de la violence a remporté le prix Orange ainsi que le prix des Grandes Ecoles).

samedi 14 août 2010

Dérèglements climatiques, impasse politique

Cet éditorial du Monde en date d'hier, vient tristement compléter le post du mois d'avril : "L'environnement, ça commence à bien faire". Le combat pour la sauvegarde de notre environnement recule dans la liste des priorités politiques. Ce sera très dur pour les nouveaux Sisyphe de gravir à nouveau la montagne. Mais la résignation n'est pas un choix : il faut continuer à pousser, peut-être différemment.

Dérèglements climatiques, impasse politique

12.08.10 | 14h56 • Le Monde • Mis à jour le 12.08.10 | 14h56


Le contraste est saisissant. Il y a un an, la lutte contre les effets alarmants du réchauffement climatique mobilisait toutes les énergies. L'avenir de la planète est en jeu, martelaient les principaux responsables de la communauté internationale, qui préparaient, alors, le sommet organisé par l'ONU à Copenhague en décembre 2009. Aujourd'hui, et après l'échec de ce sommet, l'enjeu climatique semble avoir disparu de l'agenda politique mondial.


Un paradoxe d'autant plus étonnant que les catastrophes naturelles se multiplient depuis quelques semaines. La canicule et les incendies en Russie, les inondations record au Pakistan, en Inde et en Chine, la sécheresse et la crise alimentaire au Niger, témoignent pourtant de dérèglements dramatiques.

La réunion internationale sur le climat à Bonn, du 2 au 6 août, avant-dernière session de préparation à la Conférence de Cancun, au Mexique, en décembre, a pourtant été marquée par davantage de reculs que d'avancées, au point de remettre en question les rares acquis de Copenhague. "Il se peut que nous ne soyons pas en mesure de parvenir à un accord global et contraignant à Cancun", a admis le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lundi 9 août.

Concentrés sur la défense de leurs intérêts nationaux, les négociateurs du Nord comme ceux du Sud ont compliqué à l'envi le texte censé faciliter les négociations, compromettant les chances d'aboutir à un accord. Le principal objectif fixé est connu : limiter le réchauffement à 2 °C. Pour y parvenir, les pays industrialisés doivent avoir ramené, en 2020, leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 % à 40 % en deçà de leur niveau de 1990.

Or, à dix ans de l'échéance, le compte n'y est pas. Loin s'en faut. Les engagements mis à ce jour sur la table par les pays industrialisés permettront au mieux une baisse des rejets de CO2 de 14 % à 18 %. Même modestes, ces objectifs resteront lettre morte sans une très forte volonté politique. La France, par exemple, malgré un plan climat parmi les plus volontaristes, n'a pu que stabiliser ses émissions depuis 1990, sans parvenir à les réduire, comme vient de le révéler le commissariat général au développement durable.

Les pays émergents et en développement font d'un engagement plus ambitieux des pays industrialisés un préalable pour avancer vers un accord. Comment les en blâmer, alors qu'ils supportent l'essentiel des effets du réchauffement et que les pays du Nord leur demandent de ne pas suivre leur modèle de croissance énergivore ?

Un autre élément manque pour débloquer la situation : l'argent. Oubliant l'engagement pris à Copenhague, les pays industrialisés, tout à leur maîtrise des finances publiques, tardent à verser à ceux du Sud les 30 milliards de dollars promis d'ici à 2012 pour les aider à s'adapter aux effets du réchauffement - une somme censée atteindre 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 !

Il ne reste que trois mois avant la Conférence de Cancun. Trois mois pour remettre le climat au premier rang des priorités et éviter un nouveau Copenhague.

dimanche 8 août 2010

Interviews RFI et RTL



Ecoutez les nouvelles interviews radio : RFI (8 août) et RTL (5 août).
  • L'interview (20 minutes) sur RFI, sur l'émission Micromega de Jean-Yves Casgha, dans une série d'été consacrée aux visionnaires (8 août 2010).
  • L'interview sur RTL, Le grand forum de l'été d'Isabelle Brès, consacré à l'écologie avec également comme invitée Gaëlle Guérive du WWF. Sautez directement à la 36ème minute, le début étant consacré à un autre thème (4 août 2010).
Retrouvez toutes les autres interviews (BFM Radio, Radio Aligre, ...) et les critiques sur www.sieclebleu.org.

lundi 26 juillet 2010

Avis des lecteurs


Voici ci-dessous les commentaires laissés par les lecteurs sur le groupe Facebook Siècle bleu (cliquer sur le lien et sur "Mur", les messages sont visibles même si vous n'êtes pas membre de Facebook). Merci à toutes et à tous, cela me donne de l'énergie pour l'écriture du tome 2 ! Vous pouvez également regarder les commentaires sur Amazon.fr et Fnac.com.
Si vous aussi, vous voulez figurer sur cette liste, laissez votre avis sur le groupe Facebook ou envoyez moi un e-mail.


Alexis B Merci pour ce livre magnifique. Il est effectivement ce qu'il manque à l'écologie : un grand souffle d'espoir et d'optimisme. Il devient de plus en plus difficile de croire en l'Homme lorsqu'on voit de quoi nous sommes capables, et c'est plus qu'agréable de sentir que l'on n'est pas seul à penser que c'est possible.
Je suis jeune et enseignant, et je m'évertue à transmettre à la jeune génération cette idée que nous sommes héritiers d'un monde magnifique et que nous en sommes en même temps responsables. J'ai toujours eu la sensation de lutter contre des puissances incommensurables et c'est vraiment agréable et réconfortant de savoir que l'on est pas seul et que d'autres, comme toi, saisissent l'opportunité de fédérer le plus grand nombre autour de cet espoir.
Je suis tombé sur le livre complètement par hasard. Mais parfois le hasard fais bien les choses ! Et compte sur moi qu'un maximum de monde lise "Siècle Bleu" !

Merci encore.


Virginie H un ami a toi m'a offert ton livre que je viens de terminer...et que je viens de recommercer!!!!j'adore, j'adore .... un grand merci a vous deux...j'ai adoré m'évader avec Abel et Lucy...en plus d'avoir eu e plaisir de te lire,j'ai appris pleins de choses ,ton livre m'a tellement marqué qu'il m'a donné envie de m'intérrésser a l'espace et l'envirronnement....j'attend avec beaucoup d'impatience le tom 2,mais tu sais ,je rêve de voir un jour le siecle bleu sur les grands ércrans.il le mérite,et tout le monde est concerné...continu a écrire,a nous faire rêver ,et voyager dans l'espace.....si je t'avais en façe de moi,j'aurai des tonnes de questions a te poser!!!!!!encore un grand merci.....


Matthieu M J'ai "mangé" le premier en seulement deux jours, vivement la suite!
J'apprécie beaucoup le fait qu'il y ait des références, cela me permettra de combler mon temps jusqu'à la sortie du deuxième. ;)
Juste une question (amicalement critique) : pourquoi réprimer le capitalisme et profiter en même temps du système avec une trilogie?


Carole D il est trop formidable ce roman ! cela faisait un certain temps que je n'avais pas lu un tel livre. Je l'imagine adapté pour le ciné ou la TV :-) Qu'Abel revienne vite nous conter la suite car c'est si cruel de rester devant des pages blanches. Je me sens seule. Jean Pierre ? dessine nous la suite et vite ! :-)


Stéphane B Ton premier bouquin m'a fait le même effet que l'écoute du premier album de Supertramp, "Crime Of The century". Sans mauvais jeu de mot : la gifle ! (sûrement leur meilleur album) J'espère que tes autres livres seront du même acabit. Merci !


Ghislaine B j'ai découvert l'ouvrage grace à l'interview donnée sur radioNOVA. Je découvre avec un bonheur infini l'ampleur de cette commune et saine révolution; juriste, humaniste, je travaille chez VEolia.... à chacun sa place, modeste, humble,motivée!


Valere-Antony B Je viens de finir ce livre et, malgré une fin qui laisse sur sa faim (vivement la suite), je suis profondément confiant que ce livre ouvrira des milliers de consciences comme il l'a fait pour ma part. Dommage que je ne sois pas assez doué pour détourner l'argent sale des cartels et faire de la cryptographie car sinon je serais déjà en train de monter une Gaïa. J'ai déjà profondement changé mes habitudes de consomation mais ce livre m'insite vraiment à aller plus loin...Dommage en effet - comme le souligne d'ailleurs le livre - que toutes ces élans individuels ou collectif diffus ne puissent pas se canaliser autour de "quelque chose" qui fédèrerait et serait le déclencheur d'un "siècle bleu".
Merci pour cet éveil intelectuel que seul une poignée d'auteur savent encore nous apporter. Avec l'espoir qu'il deviendra un catalyseur d'idées au delà d'un roman!


Solveig L Ce roman est vraiment extra !
Je suis passionné d'astronomie, astrophyisique ... enfin tout ce qui touche à l'espace et aussi d'écologie, de la terre, des volcans, des phénomènes naturels .
Je l'ai trouvé dans une librairie en Bretagne, dans la section nouveauté, le résumé, la simplicité de la première de couverture et du titre sont tout les 3 accrocheurs .
Et tous le contenu du livre aussi :) .Avant je lisais principalement Bernard Werber parce que je ne connaissais pas d'autre écrivain qui traitais des sujet qui m'intéressais vraiment , voila j'ai trouvé ! Vivement le prochain tome !
J'ai fini siècle Bleu hier soir à 3h du matin emporté par l'action je n'ai pas vu l'heure passé ! :p
Ca ouvre vraiment les yeux sur la fragilité de notre terre, et ça donne vraiment envie de la sauver, j'éspère que beaucoup de gens liront ce livre, moi je vais en parler à tous mes amis et a ma famille !
Merci !!


Valérie K Félicitation, les personnages sont envoûtants, attachants ou détestables à souhait. Que du bonheur en ce début de période estivale étouffante.


Cyrielle T Merveilleux roman, ça donne trop envie de lire la suite. Ce sera dur d'attendre jusque 2011. :( Pas de doute, cela fait réfléchir et j'espère sincèrement que tous, après l'avoir lu, prendront conscience à quel point notre petite planète est fragile et qu'il faut la préserver. Bonne chance pour la suite!


Anthony C Bravo! J'ai fini le livre hier et je ne pense plus qu'a une chose: lire la suite...mais je dois patienter...vous nous faîte souffrir nous autres petits lecteurs!!!! Merci pour le moment passé et au plus vite!!!


Nérome J Excellent livre !!!! Vivement la suite!!!!! :D


Sébastien C Je souhaite longe vie et prospérité à un roman qui le mérite et attend la suite avec impatience. Les idées développées y sont claires et interessantes, et l'histoire est particulièrement prenante.
Saviez vous qu'un groupe d'activistes nommé GAIA existe vraiment?
GAIA serait l'acronyme de Global Action in the Interest of Animals. Il n'a certes pas l'ampleur et le panache du groupe fictif, mais il a le mérite d'exister! ^^


Carole D Excellent bouquin, je le recommande à tous les rêveurs...
Pour ma part ça m'a rappelé l'aventure Biosphère 2 qui m'avait beaucoup touchée à l'époque (j'avais 11 ans au démarrage du projet !!)


Nabil T je viens de finir votre livre acheter par hasard bien je suis vraiment surpris excellent roman même plus y a pas de mot assez fort pour le décrire attend avec impatience le tome 2 bonne continuation et un grand merci MR JPG !!!!!!! :-)


Hortense M Salut
J'ai fini ton livre il y a 15 jours environ, j'ai été scotchée du debut à la fin!
J'espère que tu t'actives bien pour la suite que j'attends avec impatience...
Bisous a bientôt


Julien D g hate de lire le tome 2
g adorer le 1 er
je me suis imaginer dans listoire ^^


Grégory L Bonjour, c'est en cherchant sur le net le 2ème tome que je vous ai trouvé sur Facebook. Et que ce j'apprends...il ne sort qu'en 2011...Horreur c'est trop loin :-) Bon bah je vais faire comme M Dubart, je vais aller sur votre blog pour patienter. Encore merci pour cette lecture.


Thierry G Super bouquin, des images pleins la tête, je l'ai dévoré. En dehors de l'approche écolo, de vraies valeurs se dégagent de ce bouquin, des valeurs universelles que chacun a en lui, vivement le tome 2 !!!


Jean Marie D excellent !!!!!! je vais vite le conseiller à quelques amis qui sont écolo comme moi .la suite pour quand ????????


Michel G Un roman superbe. Je n'avais pas lu avec autant d'ardeur depuis millénium. Je vais offrir un exemplaire de ce roman à la bibli de Perros-Guirec avec les recommandations qui s'imposent.


Sylvain R Bravo ... j'aime cette mentalité dérangeante .... j'ai passé un super moment à vous lir j'étais en plus en vacance et je n'ai fait que dévorer les pages avec une petite amertume car je n'ai pas la suite :-) honnetement moi qui a déja connu une expérience chamanique j'ai été transcendé par ce livre vivement la suite


David C J’ai acheté ce livre tous d’abord pour sa couverture qui étais l’illustration parfaite de mon fond d’écran
une photo prise par la sonde ROSETTA en 2007. Et j’ai pris un réel plaisir à lire ce livre. j’attend la suite avec impatience


Karen C un tres bon polar écologique que j'attendais depuis longtemps. MERCI.


Antoine W Excellent livre ! Un plaisir rare !


Arnaud M Siècle bleu m'a accompagné lors d'un voyage au Maroc. d'une part il m'a réconcilié avec la lecture, et m'a vraiment passionné. ce livre Choisi au hasard est une révélation sur le monde qui nous entoure et m'a appris ce que veux dire le mot "terrien". Alors un grand merci à Jean-Pierre Goux


Mélanie M vivement ce week end de 4 jours que je puisse enfin me plonger dedans sans avoir à m'arrêter...


Emeline S Fini Siècle Bleu ! C'est fabuleux ce que tu fais Monsieur l'Enchanteur Jean-Pierre, continue STP...


Thomas V fini de le lire vraiment bravo votre livre est super !! l'histoire ma passionné et j'ai lue par la suite tout les article sur biosphère 2. le rapprochement avec les chamane et le spiritisme est excellent. livre qui fait réfléchir j'adore
impatient de connaitre la suite
bon courage


Cecile G Voila je l'es terminer, j'attend maintenant la suite


Tanguy F J'ai terminé le tome 1. Bon alors, il arrive quand le tome 2 ?

vendredi 16 juillet 2010

Critique Siècle bleu dans La Tribune

Très bon article aujourd'hui dans le journal La Tribune ! Cliquez sur l'image pour zoomer.

mercredi 14 juillet 2010

Deux livres remarquables sur le spatial


J'ai récemment découvert deux livres remarquables sur le spatial, un des thèmes centraux de Siècle bleu. Il m'a semblé intéressant de les partager avec vous.

Le premier, MoonFire, a été publié en français aux éditions Taschen le 20 mars dernier. Ce livre, qui raconte l'épopée d'Apollo 11, a été un phénomène de l'édition. Les photos sont sublimes et accompagnent magnifiquement le texte "Bivouac sur la Lune" (paru au début des années 70) de l'écrivain et journaliste américain Norman Mailer. Taschen a réalisé la prouesse de nous offrir une édition grand public d'une qualité extraordinaire au prix de 30 euros
Je précise "grand public" car ce livre, tiré à 1969 exemplaires originaux, avait été proposé au prix de 975 euros l'an dernier pour les 40 ans d'Apollo ! Tous ont été vendus... Une édition "Lunar Rocks" disponible en 12 exemplaires (numérotés de 1958 à 1969) avait même été proposée au prix de ... 60 000 $ ! Elle contenait certes un fragment de météorite lunaire.
Si le spatial et le programme Apollo vous intéressent, l'édition grand public de Moonfire est un livre à s'offrir et à offrir.
Le deuxième livre dont je voulais vous parler est Earthrise de Robert Poole. Ce livre, paru en 2008 aux éditions Yale University Press, n'a malheureusement pas encore été traduit en français. C'est un essai sur l'histoire et l'impact des premières photos de la Terre prise par l'équipage d'Apollo 8. Ces photos ont été l'un des catalyseurs de l'essor du mouvement écologiste à travers le monde, thème central de Siècle bleu. L'auteur indique d'ailleurs, et c'est vrai, qu'avant lui aucun historien n'avait vraiment étudié le lien très étroit en l'aventure spatiale et l'écologie. Quand j'ai commencé ce projet et que j'ai effectué mes recherches sur le même thème, je n'avais d'ailleurs rien trouvé et j'ai accumulé la documentation seul (j'ai expliqué cela dans la page Regards d'Astronautes du site sieclebleu.org) !
C'est d'ailleurs ahurissant de voir le nombre de points communs entre la thèse développée dans son essai et Siècle bleu : l'expérience mystique des astronautes en orbite, la vision de la fine couche d'atmosphère, l'impact des clichés sur le grand public, le premier Jour de la Terre, l'émergence des mouvements écologistes, l'hypothèse Gaïa, Buckminster Fuller, Teilhard de Chardin...
J'aurais gagné beaucoup de temps si j'avais trouvé ce livre en 1996 mais je suis heureux d'avoir fait le cheminement moi-même et d'avoir ainsi pu connecter ces éléments à beaucoup d'autres thèmes encore (Biosphere 2 par exemple, dont bizarrement Robert Poole ne parle pas). En tout cas, je ne regrette pas d'avoir écrit un roman plutôt qu'un essai, même si la lecture de celui de Robert Poole est particulièrement plaisante.
Je recommande la lecture de Earthrise à toutes celles et ceux qui ont envie d'approfondir la dimension spatiale de Siècle bleu.

lundi 12 juillet 2010

L’intelligence du poulpe

On a beaucoup parlé de l’intelligence du poulpe pendant cette coupe du monde de football. C’est un honneur légitime rendu à cet animal aussi appelé « pieuvre » aux capacités cognitives surprenantes et souvent mal appréciées. Il y a quelques mois, j’étais justement en train de faire des recherches sur les pieuvres pour le tome 2 de Siècle bleu (dans lequel une pieuvre aura un rôle très important, je n’en dis pas plus).

Nous connaissons tous les talents de mimétisme des pieuvres. Elles sont capables de reproduire des teintes très variées mais aussi d’émuler des textures en trois dimensions et de ressembler à une plante ! Regardez par vous-même, c’est ahurissant. Camouflage garanti sans trucages.

Les pieuvres sont également des prédateurs hors du commun. Dans l’aquarium géant de Seattle, les gardiens s’étaient aperçus que chaque semaine des requins disparaissaient mystérieusement pendant la nuit. Afin d’élucider les raisons de leur disparition, ils ont filmé en infrarouge l’aquarium et ils ont trouvé la coupable : une pieuvre du pacifique qui n’a fait qu’une bouchée d’un squale d’un mètre, comme l’atteste ce reportage de National Geographic.

Ces capacités physiques exceptionnelles en font l’un des grands superprédateurs des mers, mais elles n’auraient pas traversé les âges si elles n’étaient pas également douées d’une intelligence extraordinaire. Les pieuvres sont en effet capables de raisonnement comme le montre cette vidéo du commandant Cousteau où l’on voit une pieuvre ouvrir un bocal pour dévorer un crustacé.

Doté d’un cerveau très grand pour leur taille, les pieuvres disposent également de plus de la moitié de leurs neurones à l’extérieur du cerveau : dans les tentacules ! Les pieuvres sont également capables d’apprentissage, puisqu’en observant un congénère elles peuvent apprendre et répéter ses gestes. Ces facultés leur sont nécessaires car les jeunes pieuvres grandissent seules, sans leurs parents (si vous avez des références scientifiques sur ce sujet, je suis preneur). Elles n’ont donc aucune mémoire transmise par leurs géniteurs. Elles redécouvrent tout à chaque génération !

La question est donc de savoir de qui Paul le Poulpe a appris à prédire les résultats des matchs de foot !

On se dit que si les pieuvres se mettaient à transmettre leur savoir à leurs petits, elles deviendraient certainement les maîtres des océans et du monde. C’est peut-être en se l’interdisant que les pieuvres ont évité de provoquer un cataclysme planétaire. Si c’est le cas, l’homme devrait s’inspirer de la faculté de cette espèce à avoir maîtrisé son développement, seule attitude capable de garantir sa survie à long terme.

samedi 10 juillet 2010

Critiques Siècle bleu



Nous avons maintenant une quinzaine de critiques sur Siècle bleu, quasiment toutes très positives. Ce qui est vraiment plaisant c'est de voir la variété des parutions qui ont chroniqué le livre. Comme quoi, sous des abords qui peuvent paraître difficiles, le livre peut toucher un public large, ce qui était mon souhait quand je l'ai écrit. Il n'y a d'ailleurs qu'à lire les retours des lectrices et des lecteurs sur le groupe Facebook Siècle bleu (cliquez-ici, vous n'avez d'ailleurs même pas besoin d'être membre de Facebook pour lire le "Mur" Siècle bleu).
En cliquant sur les images ci-dessous, vous pourrez accéder aux articles. Sinon sur cette page du site sieclebleu.org vous avez accès à tous les autres supports médias (radios, blogs, forums...) qui ont parlé de Siècle bleu.


Lire l'article et l'interview (juillet-août 2010).
Lire la critique (juillet 2010).
Lire la critique (juillet 2010).
Lire la critique (juillet 2010).
Lire la critique (juillet 2010).
Lire l'interview (juin 2010)
Lire la critique (26/05/10)
Lire la critique (mai 2010)
Lire la critique (20/05/10)
Lire la critique (10/5/2010)
Lire la critique (25/4/2010)
Lire la critique (26/4/2010)
Lire la critique (29/4/2010)
Lire la critique (29/4/2010)
Lire la critique (avril 2010)

dimanche 30 mai 2010

Dauphins militaires


Dans le premier tome de mon roman Siècle bleu il est question d’un dauphin militaire, qui aura également un rôle important dans le deuxième tome que je suis en train d’écrire (je ne vous en dis évidemment pas plus). J’essaye en ce moment d’en connaître davantage sur ce programme secret de l’US Navy et évidemment on trouve très peu de choses « officielles ». Si vous aviez d’autres informations à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter ou laissez un message sur le blog si elles ne sont pas confidentielles.


Les capacités cognitives spectaculaires des dauphins intéressent les militaires américains depuis les années 1960. Ils sont entraînés et étudiés dans le cadre de l’US Navy Marine Mammal Program. Le site officiel du programme est assez riche mais occulte toutes les questions ennuyeuses. Il y est dit que les dauphins et les autres mammifères marins (orques, otaries, marsouins, belugas…) sont utilisés uniquement à des fins défensives (comme cela a été le cas pendant la seconde guerre du Golfe ce qui est dit ouvertement).


Or, de nombreuses rumeurs circulent sur le fait que ces créatures auraient pu être utilisées dans des missions d’attaque… Les dauphins seraient capables de « neutraliser » des plongeurs ennemis (« Swimmer Nullification Program ») en leur injectant des seringues de CO2 (dont l’effet serait évidemment létal) ou en ôtant leurs masques. Les mammifères marins seraient également entraînés pour porter des charges explosives sur des navires adverses, ce qui aurait notamment été fait pendant la guerre du Viêt-Nam. La base d’entraînement principale de ces mammifères marins se trouve à San Diego et grâce à Google Earth, j’ai même pu trouver des images satellites où l’on discerne les dauphins militaires dans leurs (trop petits) bassins individuels.


Si vous voulez inspecter vous-même ce site militaire, allez sur la page « les lieux du livre » sur le site Siècle bleu, téléchargez le fichier .kmz et ouvrez le avec Google Earth. Vous trouverez également dans ce fichier la trentaine d’autres lieux du tome 1 (Biosphere 2, siège de la NSA, forêt d’Aokigahara Jukai, Very Large Array Telescope, sites de la NASA, atoll de Diego Garcia…).


Au-delà de l’entraînement pour la recherche de mines, d’objets, on ignore complètement la nature des expériences qui ont été pratiquées sur ces créatures. C’est un roman, Abysses de Franck Schätzing, qui m’a mis sur des pistes (un fantastique thriller écologique que j’avais chroniqué il y a deux ans sur ce blog). Pendant 10 pages (à partir de la page 494), il nous donne des détails sur le programme de dauphins militaires. Même si tout est à peu près vrai dans ce thriller, j’ai vérifié les informations. Certaines sont publiques (cf. article Wikipedia) comme les explications sur les groupes MK4 (dauphins détecteurs de mines), MK5 (otaries détecteuses de mines), MK6 et MK7 (mammifères marins utilisés pour se défendre contre l’ennemi). D’autres sont complètement secrètes, notamment celles sur le groupe appelé MK0. Ce sont ces mammifères marins qui auraient été dressés pour les missions d’attaque. Ce sont eux qui se seraient attaqués aux plongeurs ennemis avec des seringues de CO2 (il cite pus de 40 Viêt-Congs morts). Schätzing avance même que des orques auraient été entraînées pour porter des charges nucléaires ! Je n’ai trouvé aucune preuve de cette information et évidemment je suis preneur de toute référence sur ce sujet.


Schätzing indique également que les Américains n’avaient pas confiance dans le seul dressage pour mener des missions d’attaque (surtout avec des charges nucléaires), et qu’ils auraient placé des électrodes sur le cerveau des dauphins pour contrôler leurs pensées et leurs mouvements. Schätzling cite notamment un article du Earth Island Journal, le journal fondé par David Brower, l’un des plus célèbres défenseurs de l’environnement américain (Brower a fondé le Sierra Club et les Amis de la Terre). J’aime beaucoup cette publication et l’image de la Terre vue comme une île est d’ailleurs au cœur du projet Siècle bleu.


L’article en question existe bien et je l’ai retrouvé : « Did US Navy Order Dolphin Deaths? ». Il date de l’été 1998 et cite un autre article (daté du 1er mars 1998) de Jon Heley, journaliste à The Observer, qui aurait découvert en 1989 une douzaine de dauphins morts sur les côtes françaises en Méditerranée. D’après Schätzing (et d’autres références sur Internet), ces dauphins étaient en partance pour Bahreïn (Bahreïn est d'ailleurs cité sur le site officiel de l’US Navy Marine Mammal Program) où les Américains auraient mené des expériences pour poser des mines activées à distance (qui emporteraient éventuellement le dauphin avec l'explosion).


Je n’ai pas retrouvé l’article original de The Observer mais j’ai contacté l’auteur (qui récemment dirigeait le bureau français de The Guardian) pour en savoir plus (j ‘attends toujours sa réponse). Selon l’article du Earth Island, les dauphins morts avaient tous des trous dans le crâne qui auraient justement servi à poser des électrodes. Ces animaux auraient été abandonnés par les Américains qui auraient rencontré des problèmes.


Dans son livre Schätzling cite également un mystérieux professeur français, René-Guy Busnel, qu’il compare un peu au Docteur Moreau d’H.G. Wells pour avoir martyrisé des dauphins et coopéré avec les Américains. Ce chercheur a bien existé et il dirigeait le laboratoire d’acoustique animale de l’INRA à Jouy-en-Josas. C’est l’un des spécialistes mondiaux des sonars animaux et en particulier de celui des dauphins. Il est également spécialiste des « langues sifflées » chez les mammifères marins, les oiseaux ou les humains (regardez par exemple cette vidéo où il analyse une mystérieuse langue sifflée par les habitants d’une vallée reculée en Turquie ou celle-ci sur une langue sifflée des Pyrénées). Busnel aurait travaillé avec le centre de San Diego pour mettre au point un langage permettant de dialoguer avec les dauphins.


Apprendre à parler avec les dauphins n’est pas ce qui lui est reproché. On évoque les conditions atroces dans lesquelles il s’est livré à des expériences sur les dauphins pour comprendre leur anatomie et le fonctionnement de leur cerveau (10 dauphins étaient mutilés chaque année). La photo ci-dessus est supposée avoir été prise dans son laboratoire. Il a également été impliqué dans le scandale des dauphins de Taïwan qui l’a lié au crapuleux Bruno Lienhardt (sur Lienhardt, lire cet article très complet). Lienhardt a vogué sur la vague des delphinariums et a approvisionné en dauphins, de nombreux parcs européens (en général les plus miteux). On doit par exemple à Lienhardt d’avoir introduit en 1970 (et ce jusqu’en 1984 !) des dauphins dans la revue "Girls, Girls, Girls" du Moulin Rouge à Paris ! Les dauphins vivaient dans un bassin de 4 * 5 mètres et ils sont nombreux à y avoir péri. Sous la pression de Greenpeace, le show fut finalement interdit et un bassin de 800 mètres carrés minimum est depuis imposé par la loi. Au début des années 80, Busnel a fait appel à ce Lienhardt pour lui "procurer" 20 dauphins dans le cadre d’un contrat réalisé pour l’OTAN (donc à des fins militaires). Lienhardt partit "chercher" les dauphins à Taïwan et ce fut une catastrophe : plusieurs dizaines de dauphins trouvèrent la mort et aucun ne furent livrés à Busnel.


Certes tout cela doit être jugé à l’aune des pratiques de l’époque (comme le rappelle son ami l’écologiste Yves Paccalet dans son blog), mais vu d’aujourd’hui c’est évidemment scandaleux. Busnel était pourtant un spécialiste renommé, notamment proche de Cousteau. Vous me direz que Cousteau pratiquait bien la pêche à la dynamite dans Le Monde du Silence… Là encore, il faut juger par rapport aux pratiques de l’époque (Cousteau avait d’ailleurs refusé pour cette raison de retirer ultérieurement cette scène de son documentaire, qui lui avait valu la Palme d’Or à Cannes).



Pour complèter ces recherches il faut rappeler l’extraordinaire roman de Robert Merle, Un animal doué de raison, paru en 1967 et qui raconte l’histoire de deux dauphins (Bi et Fa) à qui l’on apprend à « parler » et qui seront finalement utilisés à des fins militaires (au Viêt-Nam, comme par hasard). Je le recommande ardemment comme ces autres romans de Robert Merle :

  • Malevil, extraordinaire roman d’anticipation (mais pas tant que ça) qui nous raconte la vie d’un groupe de survivants à une catastrophe nucléaire
  • La Mort est mon métier, sur la vie de Rudolf Höss, le commandant d’Auschwitz
  • Le jour ne se lève pas pour nous, sur la vie à bord d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins.

Il y a eu une adaptation cinématographique en 1973 (« The Day of the Dolphin ») qui est assez décevante et caricaturale par rapport au roman, mais qui est une référence indispensable pour quiconque s’intéresse aux dauphins militaires.


En résumé, les dauphins ont clairement été utilisés à des fins militaires et cela est toujours d’actualité car comme l’indique l’excellent site « Action pour les Dauphins », la Russie a annoncé en décembre dernier qu’elle renouait avec son programme de dauphins militaires.


A quand les dauphins militaires chinois ?