vendredi 20 septembre 2013

Motiver le recyclage pour aller vers une économie circulaire



Aujourd’hui nous allons parler du recyclage et de la façon dont on peut motiver les citoyens pour en augmenter drastiquement l'ampleur. On voit bien que si nous souhaitons nous diriger vers une économie circulaire, sujet de mon précédent post sur ce blog. il est important d’aller au-delà du tri (je suis toujours impressionné par la diversité de ce qu'il y a dans ma poubelle "à recycler") et de créer des filières « arrière » qui renvoient grâce à un tri-ultra sélectif les objets directement à celui qui les a créés, car lui seul est à même de 1) tirer un avantage du retour de la matière première 2) de revoir la conception de ses produits pour recycler plus facilement ceux qui reviennent. Je ferai prochainement un article sur l'économie circulaire pour expliquer tout cela.

Les filières arrière commencent à se mettre en place, mais aujourd’hui tout le monde ne les utilise pas. La raison est simple : pendant longtemps l’écologie ne s’est « vendue » qu’en promettant des bénéfices à très long terme (« si tu tries, nous vivrons dans 20 ans dans un monde meilleur ») qui ne mobilisent que les écolos les plus convaincus. Les écolos un peu moins convaincus (je les appellerai les « écolos de cœur » par opposition aux « écolos de foi ») doutent que leur simple geste puisse avoir la moindre incidence dans un monde où tout le monde semble s’en foutre et du coup ils ne font rien. Or ces écolos de cœur sont très nombreux dans la société et ce sont eux qui pourraient vraiment changer les choses, en faisant passer les derniers récalcitrants pour des dinosaures :-)

Comment sortir de ce cercle vicieux ? Réponse : en donnant un bénéfice court terme à celui qui recycle et si possible en rendant l’acte de recyclage ludique.

Le problème


Une personne qui travaillait chez un grand assureur (en l'occurence Generali qui est précurseur en France de tout ce qui peut contribuer au bien-être des salariés, cf leur site Génération Responsable) nous a parlé de son expérience pour le recyclage des gobelets à la machine à café. C'est un problème que beaucoup d'entre nous connaissent. Certes le meilleur moyen est d’interdire les gobelets et de forcer tout le monde à avoir sa tasse, mais les résistances sont encore très importantes. Il faut donc limiter l’usage des gobelets (de nombreux distributeurs possèdent maintenant une touche « sans gobelet » à côté de "sans sucre") et recycler ceux qui restent utilisés. Or ils finissent au mieux dans les poubelles recyclables mais jamais chez le fabricant. Comment introduire la filière arrière et encourager les employés à l’utiliser ?

La solution


C’est très simple, ils ont installé un collecteur qui tous les 25 verres ramenés donne un jeton pour un café gratuit. Du jour au lendemain, tous les comportements ont changé : les salariés se sont mis à garder leurs gobelets pour arriver à 25 (meilleure tactique pour gagner à chaque coup) et à ramasser tous les gobelets qui traînaient pour arriver au chiffre fatidique. Des piles de gobelets se sont mises à fleurir sur les bureaux et les salariés guettent les externes qui ne connaîtraient pas la règle et jetteraient leur gobelet. Une fois la machine installée, tous ceux qui jettent encore leurs gobelets appartiennent du jour au lendemain à l'ancien monde et leur comportement devient obsolète. Une simple machine montre bien qu'un changement de paradigme est possible.



En me renseignant, la machine qu’ils utilisent s’appelle Jackpoot et a été créé par Eco-collectoor. On peut paramétrer le nombre de verres qui déclenchent le jeton gratuit. Eco-collectoor propose aussi une autre machine qui rend une consigne (le café est par exemple facturé à 0.45 au lieu de 0.35 et on récupère les 10 centimes auprès de la machine), mais c’est moins ludique. Il y a des tas d’autres solutions, plus simples, comme Versoo.

L’impact
Quel impact vous me direz ? En France, on consomme chaque année 4 milliards de gobelets et seuls 1% sont recyclés. Dans le cas de l’entreprise qui témoignait, ils sont passés à presque 100% de gobelets récupérés alors qu’avant, dans la poubelle recyclable ils finissaient soient incinérés soient enfouis…

Rêvons un peu : comment boucler la boucle et créer une économie circulaire ?


On voit que dans cette solution c’est l’aspect ludique et la gratification immédiate qui motivent les gens, même si ceux-ci n’étaient pas écolos. Comment généraliser cela à l’ensemble de la filière recyclage ? En écoutant cette histoire, je me suis rappelé que lorsque j’étais petit, dès que mes parents avaient une cinquantaine de sacs plastique, je pouvais les ramener à la boulangère qui nous offraient un bonbon. Autant vous dire que l’on se battait avec mon frère et ma sœur dès que nous arrivions à cinquante.
Rêvons un peu. Si on réinstaurait ce concept de «  retour du produit = 1 bonbon » pour les piles, les ampoules, les médicaments usagés etc… Je peux vous dire que les enfants de toutes les maisons de France feraient la guerre à leurs parents pour qu’ils ne jettent rien de ce qui est recyclable et qu’ils les useraient chaque samedi pour tout ramener au magasin. Cela créerait un cercle vertueux où l’écologie se vivrait dans la joie avec des retours de court-terme.

Evidemment si cela se généralisait, il faudrait remplacer les bonbons par autre chose (sinon nous n’aurions que des enfants obèses et diabétiques), par exemple une carte à point qui leur donnerait droit à des livres, des cadeaux… Les éco-organismes en charge des filières arrières pourraient s’associer entre eux pour faire fonctionner cela et proposer un système de points communs. Vous pourriez alors faire confiance aux enfants pour éplucher la liste de tous les produits qui donnent droit à des points. Certains (dont les deux miens) se mettront même à inspecter les poubelles et faire celles des voisins ! Les chiffonniers du futur !


Si cela fonctionnait, on pourrait même imaginer que dans les secteurs qui n’ont pas encore mis en place de filières « arrière », il y ait un gros intérêt marketing à proposer des produits qui puissent être « ramenés », et ce sont les enfants qui recommanderaient à leur parents d’opter pour ces produits là (à cause toujours des petits bonbons). Alternativement on pourrait aussi faire que le recyclage permette d'obtenir des points dans une monnaie alternative et solidaire, mais cela impliquera directement les enfants.

En résumé, avec un simple retour au bon sens et en associant les enfants, on pourrait réussir à boucler la boucle, à entrer dans une économie circulaire, à valoriser les entreprises qui ont franchi le pas et ...  à changer le monde !






1 commentaire:

Ruth Balvin a dit…

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