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mercredi 6 janvier 2010

Sea Shepherd et le bateau de Batman


Sea Shepherd, l’association éco-activiste de Paul Watson dont nous avons beaucoup parlé sur ce blog (Paul Watson à Jussieu, Whale Wars, Actions et réactions, The Cove, Sharkwater...) et qui m’a inspiré en partie l’organisation Gaïa de mon roman, fait à nouveau couler de l’encre aujourd'hui. Paul Watson (un des fondateurs de Greenpeace, qui a quitté le mouvement le trouvant trop mou) a peut-être réalisé son plus beau coup médiatique depuis 1977, date à laquelle il avait amené Brigitte Bardot sur les banquises du Canada pour révéler au monde entier le scandale du massacre des phoques. Aujourd'hui c'est les baleines de l'Antarctique qu'il va peut-être sauver.

L'organisation avait franchi un nouveau cap dans sa lutte contre les Japonais pour la protection des baleines en Antarctique en annonçant, en octobre 2009, l’acquisition d’un bateau révolutionnaire, que l’on peut aisément qualifier de « bateau de Batman » (c’est d’ailleurs certainement Christian Bale, l’acteur incarnant Bruce Wayne à l’écran et très bientôt Paul Watson, qui leur a soufflé l’idée).


Rassurez-vous, rien à voir avec la photo ci-dessus. Ce bateau, précédemment connu sous le nom de EarthRace, est celui de tous les records. Regardez plutôt à quoi il ressemblait avant que Sea Shepherd le récupère.


Entièrement propulsé au biodiesel, cette Formule 1 des mers peut parcourir 13 000 miles nautique (la moitié d’un tour du monde) en un seul plein (bon d'accord c'est si le bateau avançait à 6 noeuds de moyenne). C’est un mix entre un power racer, un trimaran et un … sous-marin ! En effet le EarthRace avec sa coque en carbon/kevlar et ses moteurs de 1000 chevaux est capable de passer à travers des murs de vagues de 7 mètres, comme le montre l’impressionnante vidéo ci-dessous.


Conçu pour exploser le record de circumnavigation avec un navire motorisé, il a tenu ses promesses. En juin 2008, il a fini son tour complet des mers en seulement 60 jours, 23 heures et 49 minutes reléguant en seconde division le précédent établi par le Cable and Wireless Adventurer (74 jours, 20 heuress, 58 minutes). L’équipage de Magellan, qui avait mis près de trois ans ponctué de terribles péripéties, a dû se retourner dans sa tombe. A noter pour les puristes, que le véritable record de circumnavigation est tenu par un voilier, le catamaran Orange II skippé par Bruno Peyron et qui a effectué le tour du monde en 50 jours


C’est donc avec une joie immense que j’avais appris l’an dernier que ce bateau poursuivrait son existence au sein de la flotte « pirate » de Sea Shepherd. Pour l’occasion, le EarthRace fut rebaptisé Ady Gil et avait subi un relifting complet « à la batman » avec notamment sa coque entièrement peinte en noir. Il est difficile de ne pas admettre que c’était le plus incroyable des bateaux pirate. La vidéo suivante parle d’elle-même, la musique electro-maori de Tiki Taane est vraiment excellente.



Sea Shepherd vient malheureusement d'annoncer dans un communiqué que le Ady Gil venait d'être percuté hier en Antarctique par le baleinier japonais, Shonan Maru No. 2. L'équipage de 6 personnes du Ady Gil est sain et sauf. Comme d'habitude, les Japonais essaieront de prouver qu'ils ne sont responsables (quoique dans ce cas ça va être chaud, cf. images plus bas), mais l'essentiel est que cet événement très médiatique attire l'attention sur Sea Shepherd (leur site Internet est complètement saturé) et les exactions commises par les Japonais en Antarctique. Les Japonais ont mis en premier en ligne sur YouTube les images de la destruction du Ady Gil. Le trou dans la coque en kevlar est impressionnant et l'angle de prise de vue permet de laisser croire que l'Ady Gil s'est approché...



Georges Braque et Picasso l'avaient bien compris en inventant le cubisme : par une multiplication des angles de vue, on peint mieux la réalité. Quelques heures plus tard, les membres de Sea Shepherd qui filmaient la scène depuis un autre de leurs bateaux (le Bob Barker) montrent une toute autre perspective.



Le Shonan Maru a carrément foncé sur l'Ady Gil qui était à l'arrêt. Ils auraient pu tuer les passager. C'est impressionnant. Tout ça est d'autant plus ennuyeux pour les Japonais que le Shonan Maru 2 est supposé être un bateau de recherche (RESEARCH est écrit en énorme sur ses flancs). Cette chasse qu'ils mènent en Antarctique est donc complètement illégale et aujourd'hui le monde entier en a pris conscience (on m'a dit que même TF1 a retransmis les images au 20h). C'est ahurissant de voir le poids médiatique qu'a pris YouTube. Les commentaires extrêmement véhéments entre les défenseurs et pourfendeurs de la chasse à la baleine sont aussi très instructifs à lire. C'est peut-être ça la démocratie participative.


Je regretterais personnellement si ce bateau si extraordinaire ne pouvait pas être réparé (Sea Shepherd n'est pour l'instant par clair sur ce point) car j'aimerais vraiment voir d'autres missions où il intervient en justicier des mers ! En attendant que d'autres scènes de l'Ady Gil soient montrées dans la prochaine saison de Whale Wars, voici en attendant quelques photos du malheureux navire (courtesy ICR et Roger T Wong).


PS : quand est-ce que Sea Shepherd rachète un bombardier B-2 ? Vous ne trouvez pas qu'il irait bien avec l'Ady Gil ?!


PS2: ou alors plutôt racheter l'Atlantis, le vaisseau d'Albator, car les B2 ça se casse comme le montre cette vidéo (l'accident est autour de la deuxième minute).


PS 3: voici le mail intéressant que je viens de recevoir de la mailing liste de Sea Shepherd. Ils ont besoin de soutien.


Emergency Update: From the Frontlines
of the Whale Wars
Dear ,

Our vessels and crews and have been ATTACKED! Lives have been threatened. A vessel has been destroyed. This day will go down in infamy.

We will not give up. We will not retreat. We will not surrender to those who want to do harm. We need your support today now more than ever.

Earlier today, our vessel the Ady Gil was severely damaged and almost sunk in a vicious and unprovoked attacked by a Japanese whaling harpoon vessel many times its size. Thecrew barely escaped with their lives and were rescued by our newest vessel the Bob Barker.

There is a battle between "David and Goliath." The illegal Japanese whalers are trying to physically harm and financially destroy your nonprofit whale defenders -- the Sea Shepherds. Show the whalers and the government of Japan that they cannot get away with this.

As I write, my valiant crews remain at sea, vigilant in their pursuit to stop the whalers. Our defense of the whales needs to continue in the Southern Oceans. We are their only hope.

Sea Shepherd is the only organization in the world directly intervening to save these magnificent and innocent beings but we cannot do it without you.

Please stand with us and click here to make a donation today or call 877-WHALES-911 (877-942-5379)* as we continue our fight in the coming days, weeks, months, year- whatever it takes..

From the bridge of the Steve Irwin, I thank you,

Captain Paul Watson
P.S. Due to the large number of people trying to access our website from all over the world, you may find that our main website pages load slowly, however, our donate page is operating well at this time. In the meantime, we are working to get our main website up to speed.
*To call from anywhere outside of the US or Canada, dial +1-416-645-4677.

*Donations to Sea Shepherd have tax benefits in the United States, United Kingdom, the Netherlands, and France.

dimanche 10 mai 2009

Action et réactions


Énoncée en 1687 dans son monumental Philosophiae Naturalis Principia Mathematica, la troisième loi de Newton (ou principe des actions réciproques) dit que : « Tout corps A exerçant une force sur un corps B subit une force d'intensité égale, de même direction mais de sens opposé, exercée par le corps B ».

Dans un système fini et fermé, les crimes restent ainsi rarement impunis. Par exemple, la pression exercée par l’humanité sur notre petite planète est devenue telle que des boucles de rétroaction se sont mises en place pour contrer ces effets. Certains, comme Javes Lovelock (l’inventeur de l’hypothèse Gaïa) dans son dernier livre La Revanche de Gaïa, pensent que la Terre (atteinte d’une fièvre qui durera 100 000 ans) se rebelle déjà contre l’homme. 

Mais le plus curieux c’est que les humains eux aussi s’organisent pour lutter, preuve que notre espèce est à la fois à la source des problèmes et sera peut-être aussi à l’origine de la solution. On a ainsi récemment pu assister à plusieurs démonstrations violentes d’activistes écologistes (aussi appelés éco-terroristes). 

Dans mon roman Le Siècle bleu, je mets en scène un groupe d’activistes dénommé Gaïa (oui oui, je suis un grand fan du premier livre de Lovelock L’Hypothèse Gaïa : la Terre est un être vivant, il a changé ma vie, mais je suis moins amateur des livres suivants) qui veut changer le monde mais qui malheureusement se retrouve avec le gouvernement américain à ses trousses. 


La réalité semble aujourd’hui déjà dépasser la fiction. En Norvège tout d’abord, le 23 avril dernier un mystérieux groupe répondant au nom d’Agenda 21 a coulé un baleinier dans le port de XX. Agenda 21 est le nom du plan d’action adopté par 173 chefs d’Etat lors du fameux Sommet de la Terre à Rio en 1992. Le groupe Agenda 21 avait déjà frappé à 3 reprises au cours des 12 dernières années en s’en prenant toujours à des navires norvégiens. La Norvège bénéficie d’une exemption au moratoire sur la chasse à la baleine et la plupart de ses prises sont exportées vers… le Japon. Avec des actions aussi espacées dans le temps, il est quasiment impossible d’identifier Agenda 21. Personne ne semble les connaître, pas même le capitaine Paul Watson de Sea Shepherd (dont nous avons souvent parlé sur ce blog) qui s’est pourtant félicité de la victoire du groupuscule. Les photos ci-dessous ont été prises après une autre action similaire d’Agenda 21 en 1997.


Le communiqué du groupe a été publié sur le site du magazine Bite Back qui recense un grand nombre des actions des activistes écologiques à travers le monde.


APRIL 24, 2009
HENNINGSVAER, NORWAY

WHALING SHIP SUNK

ON THE EVENING OF THE 23RD OF APRIL WE SNUCK ONTO A NORWEGIAN WHALING SHIP MAKING REPAIRS IN THE LOFOTEN ISLANDS IN PREPARATION FOR THE 2009 WHALING SEASON. TO DELAY THE KILLING SEASON AND TO PROTEST THE CONTINUED ILLEGAL EXPORT OF WHALE MEAT TO JAPAN WE DISASSEMBLED A VALVE AND FLOODED THE ENGINE ROOM. UNFORTUNATELY LOCAL FIREFIGHTERS WERE ABLE TO RESPOND JUST MOMENTS BEFORE THE SHIP SETTLED ON THE BOTTOM BUT NOT BEFORE THE SHIP HAD ALREADY BEEN COMPLETELY FILLED WITH SEA WATER AND THE DAMAGE DONE. FOR BOTH FISHERIES INVESTORS IN TOKYO AND INSURANCE UNDERWRITERS IN OSLO INVESTING IN THE NORWEGIAN WHALING INDUSTRY CAN ONLY LEAD TO SUNKEN PROFITS. AS A DIRECT RESULT OF A GROWING INTERNATIONAL TRADE IN ENDANGERED SPECIES WE CAME TO HENNINGSVAER. WE SAW THE SKARBAKK.

WE SANK THE BASTARD


AGENDA 21


Quand on regarde la liste des actions recensées sur le site Bite Back, on comprend que ce phénomène n’est pas isolé. Pas un jour ne se passe sans qu’une action du même genre vise des fourreurs, des laboratoires pharmaceutiques réalisant des expériences sur des animaux, ou des individus impliqués dans des trafics de ressources naturelles. Aux Etats-Unis, la menace éco-terroriste est, selon le FBI, la plus importante pour le pays après le terrorisme islamisme, tant elle nuit aux intérêts économiques du pays. 


Il n’y a qu’à en juger par l’entrée le 21 avril dernier de Daniel Andreas dans la liste très select des terroristes les plus recherchés par le FBI (« Most Wanted Terrorists »). Il figure juste à côté d’Oussama Ben Laden. Cet homme de 31 ans originaire de San Diego est le seul Américain sur cette liste avec Adam Yahiye Gadahn (recherché pour des actions terroristes commises à l’étranger pour le compte d’Al-Qaida).


David Andreas appartient au groupuscule Revolutionnary Cells qui a revendiqué les attentats en 2003 contre les sièges des sociétés Chiron Corps (une entreprise dans les biotech) et Shaklee Corp (une entreprise de nutrition et de cosmétique) qui ont des contrats avec Huntingdon Life Sciences, une société spécialisée dans les tests sur les animaux et très souvent prise pour cible par les activistes. 


Ces explosions avaient causé des dégâts peu importants et aucun blessé. Sans minimiser le caractère répréhensible de ces actes, on peut se demander pourquoi cinq après cela justifie d’inscrire Daniel Andreas sur la fameuse liste du FBI ? Je ne vois qu’une seule explication : à l’heure où l’économie américaine cherche à tout prix à redémarrer, les groupes comme ceux de David Andreas pourraient empêcher l’essor de certains secteurs clés à la moralité pas toujours irréprochable… Ces groupes doivent donc être découragés. Daniel Andreas est en fuite depuis de nombreuses années et se cacherait au Costa-Rica. S’il était capturé, il serait certainement diabolisé par les médias américains (imaginez à l’heure où le chômage guette tous les Américains, cet homme a l’audace de détruire potentiellement certains emplois… !!). 


Autre détail notable, il aurait un tatouage sur sa poitrine indiquant "It only takes a spark" (il suffit d’une étincelle). C’est sans doute  l’état dans lequel notre société se trouve, à l'orée d’une mutation profonde. 

Ces groupes participent justement à permettre cette mutation (impossible naturellement) et il y a parfois des résultats concrets intéressants. Par exemple, Sea Shepherd a récemment mené une campagne contre la société Holista qui commercialisait des compléments alimentaires utilisant des cartilages de requins. Finalement en quelques semaines et après un dialogue très constructif, les dirigeants d’Holista ont retiré leur produit du marché. Contrairement à d’autres groupes activistes, Sea Shepherd se focalise sur le résultat et sait parfaitement utiliser les médias et le droit pour parvenir à ses fins. Cela prouve que le changement est possible, mais il faut adopter les bonnes méthodes. L’un des livres de Paul Watson intitulé EarthForce ! est à ce titre très intéressant à lire. 


Il s’appuie notamment sur L’Art de la Guerre de Sun Tzu (écrit il y a 2500 ans), Le Traité des cinq anneaux de Miyamoto Musahi (écrit en 1634 à l’attention des apprentis samouraïs) et l’œuvre de Marshall Mc Luhan, ce Canadien qui a étudié le rôle des médias de masse dans la détermination de ce qu’est la réalité. Le récent succès de l’émission Whale Wars dont je vous avais parlée s’inscrit complètement dans cette stratégie de communication.

samedi 3 janvier 2009

Sharkwater

Je viens de voir un film qui m’a retourné : Sharkwater (« Les Seigneurs de la Mer »). A lui seul, il résume bien la période inouïe que traverse l’humanité : nous vivons sur une planète incroyable et nous nous y comportons comme des barbares.

Passionné des requins depuis son enfance, Rob Stewart a décidé de réhabiliter cette créature en voie d’extinction (90% des requins ont disparu de la faute de l’homme). Dans la première partie du film, il nous montre les requins dans leurs milieux naturels et les images sont prodigieuses. Il nous rappelle que ce sont des créatures peureuses et qu’elles cherchent en général à éviter l’homme. Chaque année seulement 5 personnes meurent dans les mâchoires des requins soit infiniment moins que celles dévorées par les crocodiles ou les éléphants, espèces qui sont elles protégées. Il nous montre ensuite comment les requins sont exterminés massivement, notamment par les palangriers, pratique de pêche consistant à laisser de longues traînes de 100 kilomètres parsemés d’hameçons. 

Sur une seule traîne, le réalisateur trouve jusqu’à 100 requins morts, sans parler des tortues et autres cadavres  de créatures innocentes que les pêcheurs ne recherchaient même pas. Des requins, ils ne gardent en général qu’une partie : l’aileron. Ils rejettent ensuite le corps mutilé à la mer. Chaque année c’est 100 millions de requins qui périssent ainsi pour le commerce des ailerons ! Après être passés entre les mains de plusieurs intermédiaires, les ailerons sont revendus dans les marchés asiatiques et les restaurants gourmets et le prix final peut avoisiner deux cents dollars la livre. C’est atterrant de voir ces seigneurs de la mer « génocidés » pour le palais de quelques abrutis qui croient dans les vertus curatives de la chair des requins. Une image m’a particulièrement horrifié, celle où l’on voit des pêcheurs découper l’aileron d’un requin baleine (à la 37ème minute), la plus belle et la plus pacifique de toutes les créatures. Tout cela pour 10 000$. Cette espèce rare est maintenant paraît-il en danger. La connerie humaine à l’état pur.

Devant ce massacre des requins, les superprédateurs de la mer, qui menace les chaînes alimentaires de l’océan (et donc l’homme en le privant d’oxygène produit par le phytoplancton), personne ne bouge. A part Rob Stewart. Aucune loi internationale et très peu d’associations ne protègent les requins. Pour une simple raison : les requins font peur. Spielberg avec ses Dents de la Mer porte, malgré lui, une grande part de responsabilité dans l’instauration du mythe sanguinaire qui entoure ce monstre marin dans l'inconscient collectif (au lieu de faire partir sa fortune en fumée chez cet escroc de Madoff, Spielberg aurait mieux fait de faire un don pour sauver les requins...).

Pour la plupart des gens, ce n’est pas une mauvaise chose que cette bête du Gévaudan soit éradiquée de notre planète. Pour stopper ce massacre, Rob Stewart est allé chercher, le seul, l’unique et l’irremplaçable protecteur des océans : Paul Watson et son association Sea Shepherd, dont on vous a déjà parlé à plusieurs reprises dans ce blog. Après une lutte très violente et trépidante, l’équipage de Sea Shepherd ramène finalement un palangrier sur les côtes du Costa Rica pour que les pêcheurs soient jugés et punis, mais c’est finalement Sea Shepherd qui est inculpé, car les mafias taiwanaises qui gèrent le trafic des ailerons finance certaines constructions au Costa Rica. Même s’ils sont assignés à résidence, Rob Stewart et Sea Shepherd arrivent à filmer des entrepôts clandestins dans lesquels s’entassent des dizaines de milliers d’ailerons de requins. Le navire de Sea Shepherd s’échappe du Costa Rica poursuivi par les forces de l’ordre mais gagne finalement les eaux internationales.

Lorsque Sea Shepherd et Rob Stewart ont diffusé les images, les habitants du Costa Rica se sont soulevés et ont demandé l’interdiction de ce commerce. Les images sont très émouvantes. Comme quoi le combat et l’engagement d’un seul homme (aidé par Sea Shepherd) peut suffire à éviter le pire. Lorsque le film est sorti Rob Stewart n’avait que 28 ans.

Ne restons donc pas lesbras croisés et soutenons cette cause en commençant par recommander SharkWater autour de nous, refuser de manger dans des restaurants servants des plats aux ailerons de requin et ensuite aller sur Saving Sharks

lundi 15 décembre 2008

Whale wars

Depuis le début mois de novembre, la chaîne américaine Animal Planet a réalisé une incroyable série, intitulée Whale Wars, de 7 documentaires sur l'organisation Sea Shepherd dont je vous avais parlé à l'occasion d'un précédent post lors de la visite à Paris de Paul Watson son fondateur. Vous trouverez de nombreuses informations sur le site Internet de l'émission Whale Wars. Au cours des différents épisodes, vous suivrez en "reporter embarqué" la campagne en Antarctique (sanctuaire baleinier) du groupe Sea Shepherd, l'un des grouves activistes écologiques les plus véhéments et surtout l'un des plus rusés, contre les navires japonais pratiquant la pêche illégale des cétacés. 
Le DVD sera disponible à partir de février 2009, mais vous trouverez de nombreux épisodes en circulation sur Internet. Il faudra acheter le DVD car j'imagine qu'une partie des recettes iront à l'association. L'émission a rencontré un très vif succès, et Animal Planet a déjà prévu d'accompagner Sea Shepherd dans d'autres campagnes, pour d'autres saisons de Whale Wars. Peut-être pour dénoncer les massacres de dauphins, également commis par les Japonais et dont je voulais parlé dans un précédent post. La campagne de Taiji est une des campagnes emblématiques de Sea Shepherd et il serait une bonne chose que le monde en prenne connaissance.
Si la série Whale Wars n'était encore pas suffisante, il faudra attendre le film sur Sea Shepherd, où Christian Bale incarnera Paul Watson.

dimanche 22 juin 2008

Le capitaine Paul Watson à Jussieu

    
Le capitaine Paul Watson était de passage à Paris et a donné une conférence à l'université de Jussieu le samedi 7 juin, à laquelle j'ai eu la chance de pouvoir assister. C'est vraiment un homme hors du commun. 
Paul Watson est une légende de la lutte pour la préservation des océans. L'amphithéâtre était comble et sa conférence a duré près de deux heures. Pourtant lui et son mouvement Sea Shepherd (berger des mers) sont peu connus en France, mais en Amérique du Nord, ce sont de véritables stars. D'ailleurs, très prochainement un film retraçant l'odyssée de Sea Shepherd sortira sur les écrans et Christian Bale (Batman) incarnera le personnage de Paul Watson. Paul Watson est d'ailleurs très proche d'Hollywood (Sean Penn, Pierce Brosnan et Martin Sheen soutiennent le mouvement).
Paul Watson était l'un des fondateurs de Greenpeace au début des années 70 et il a depuis quitté ce mouvement qu'il jugeait trop bureaucratique. Sea Shepherd protège les créatures des océans (baleines, dauphins, tortues, phoques, requins...) et fait appliquer le droit là où il n'est pas appliqué. Sea Shepherd justifie ses actions très musclées par la Charte mondiale de la nature des Nations Unies en place depuis 1982 (les articles 21 à 24 permettent aux individus et aux associations de faire appliquer ces lois). Sea Shepherd a endommagé et même coulé de nombreux navires pratiquant des activités illégales, mais l'organisation n'a jamais perdu le moindre procès (ni blessé la moindre personne). 
L'hiver dernier, Sea Shepherd a coursé sur 30000 km des baleiniers japonais qui pêchaient illégalement dans le sanctuaire de l'Antarctique. Leurs interpositions répétées ont permis de réduire de 30% les prises. Avec deux bateaux, Paul Watson indique qu'ils auraient pu complètement stopper les Japonais. Les images sont spectaculaires.
Les projectiles lancés par Sea Shepherd sur le navire japonais sont des boules puantes et des oeufs pourris. Greenpeace et les autres organisations de protection de la Nature réprouvent les méthodes de Sea Shepherd. Lorsque des espèces sont sur le point de disparaître et que le droit international n'est pas appliqué, il faut bien que quelqu'un intervienne... 
N'hésitez pas à soutenir Sea Shepherd. Ils ont depuis quelques années une antenne en France. Nous vous tiendrons au courant dans ce blog des dernières péripéties de Sea Shepherd.