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dimanche 6 décembre 2009

Biosphere 2 : la vérité qui dérange (4/4)



Cet article est le quatrième de mon enquête sur Biosphere 2 (je vous conseille lire les précédents articles avant celui-ci):

Depuis décembre 2008 où j'avais rencontré deux des biosphériens (cf partie 3), j’ai poursuivi mes rencontres auprès d’autres protagonistes du projet et ce que j’ai découvert est assez stupéfiant. Je ne peux pas citer mes sources, mais je peux affirmer que Biosphere 2 n’a été victime ni des prétendues faiblesses scientifiques ni des erreurs de son management. Ce projet a été la cible d’une gigantesque cabale politico-médiatique car Biosphere 2 gênait, et en très haut lieu.


Le projet dérangeait tout d’abord la classe politique américaine. En effet, les rares expériences sur le maintien de la vie en environnement clos avaient été menées par les Russes, notamment Gazenko et Shepelev de l’Institut à Moscou, dans le cadre de leurs recherches sur l’exploration et la colonisation du système solaire. Au début des années 80, John Allen a donc pris contact avec ces chercheurs. Ils sont vite devenus de fervents supporters de Biosphere 2 et lui ont apporté des informations capitales notamment sur le contrôle des germes. Comme leurs recherches étaient appliquées au secteur spatial, ces chercheurs avaient le droit de sortir de leur pays et ont participé à presque toutes les conférences de l’Institut d’Ecotechnique (fondé par John Allen) et qui se déroulaient chaque année aux Marronniers, un centre de conférence dans le Sud de la France. Pour Washington, lorsque la construction de la biosphère a démarré dans l’Arizona vers 1988, ce projet fut perçu comme une incursion des Russes sur le territoire américain et le projet fut placé sous haute surveillance de la part des services secrets et des conseillers scientifiques des présidents Bush (père) puis Clinton. N’oublions pas que la construction a démarré à la fin des années 80 alors que le mur de Berlin était encore debout.

Mais le projet dérangeait apparemment surtout les intérêts de la famille Bass, c’est la clef de la chute. Ed Bass, le financier philanthropique qui a dépensé 200 millions de dollars sur le projet,, était le cadet d’une fratrie de quatre milliardaires texans : Sid Bass est son aîné et Robert et Lee sont ses deux plus jeunes frères. Dans cette fratrie, Ed a toujours été considéré comme le vilain petit canard « idéaliste » (il est aujourd’hui vice-président de la WWF) et même « hippie » (lorsque l’équipe de John Allen l’a rencontré, il vendait des tapis navajos…) alors que ces frères ont tout fait pour se hisser au plus haut niveau de l’establishment américain. Lorsqu’au milieu des années 80, l’aventure d’Ed avec John Allen a commencé à exciter (positivement et négativement) toute la presse, ses frères n’ont pas apprécié cette ombre et ont orchestré une déferlante médiatique contre Biosphere 2 et John Allen. A la lecture de ce qui suit, vous verrez qu’ils disposaient effectivement des moyens pour la déclencher.


Les quatre frères Bass ont tous effectué leurs études à Yale, le haut lieu de l’aristocratie américaine (Ed y a suivi des études d’architecture, qu’il n’a apparemment jamais terminées). La fortune des frères Bass provenait de l’héritage de leur oncle, Sir Richardson, baron du pétrole texan, qu’ils ont réussi à faire fructifier grâce à des « coups ». Au classement Forbes 400 de 2009 (listant les 400 américains les plus riches), les frères Bass pèsent respectivement : 4 milliards de dollars (Robert), 2 milliards (Lee), 2 milliards (Sid) et 1.5 milliards (Ed). Ils ont chacun des investissements très variés et sont tous très proches du pouvoir à Washington.



Robert est par exemple fondateur et président de Oak Hill Capital Partners, l’un des plus gros fonds de venture capital américain (plus de 20 milliards d’actifs ; Bill Gates et Phil Knight, le PDG controversé de Nike, sont aussi actionnaires).


Robert est également à la tête d’Aerion Corporation, une firme de Reno dans le Nevada qui commercialisera en 2014 un jet privé supersonique capable de voler à Mach 1.6 et donc chaque exemplaire coûtera 80 millions de dollars.


Sid Bass était l’un des plus gros actionnaires de The Walt Disney Company en 1984 et on lui attribue le sauvetage de l’empire lorsqu’il a fait venir Michael Eisner aux manettes pour contrer l’OPA hostile de Saul Steinberg. A cette place, Sid était très proche de tous les grands patrons de médias américains. La résurrection de Disney qui s’en est suivie a aussi considérablement contribué à la richesse des frères Bass (notamment celle d’Ed apparemment, ce qui lui a permis de financer Biosphere 2). Sid Bass a épousé Mercedes Kellogg en 1988, mariage auquel a assisté le « Prix Nobel de la Paix » Henry Kissinger (cf. photos), dont Sid est apparemment très proche. Lee est quant à lui resté dans l’exploration pétrolière.


Les frères Bass ont d’ailleurs tous gardé un lien avec l'origine de leur fortune, puisqu’ils ont financé en 1986 la société pétrolière Harken Oil de George W. Bush (Harken Energy avait racheté Arbusto Energy, fondée pour Georges W. Bush en 1997) à hauteur de 50 millions de dollars, alors que celle-ci était au bord de la faillite. Cette société a par la suite été revendue avec de larges profits et dans des conditions très suspectes par W (une enquête de la SEC a été menée, mais évidemment elle a aboutie à un non lieu). Il ne serait donc pas étonnant que son père George H.W. Bush (l'ancien directeur de la CIA était en 1986 vice-président des Etats-Unis) ait apprécié ce geste des frères Bass et ait pu leur donner un coup de main pour détruire Biosphere 2. A noter que les frères Bass sont évidemment restés très proches de George W. Bush lorsque celui fut élu gouverneur du Texas en 1994 et président des Etats-Unis en 2000.


La famille Bass est donc au cœur du mystère Biosphere 2. Sans la rencontre entre John Allen et Ed Bass, Biosphere 2 n’aurait jamais pu voir le jour, mais il semblerait que ce soit aussi à cause de la famille Bass que Biosphere 2 ait été « détruite ». C'est souvent comme cela dans l'histoire humaine, le même phénomène est souvent la cause de la grandeur et de la décadence.


La sphère géodésique en feu ci-dessus avait été construite par les Etats-Unis pour l'exposition universelle de Montréal de 1967. Cette exposition avait pour thème "Terre des Hommes" en référence évidemment au roman inoubliable d'Antoine de Saint-Exupéry. Elle avait été dessinée par Buckminster Fuller lui-même et sa structure en polymère a été détruite lors d'un incendie involontaire en 1972. La structure en métal a en revanche résisté et la biosphère peut encore être visitée aujourd'hui. On y trouve un musée de l'environnement. Pour moi, cet incendie est une métaphore de ce qui pourrait arriver à notre planète : devoir brûler pour évoluer vers quelque chose de pérenne. C'est peut-être aussi ce qui est arrivé à Biosphere 2 mais on attend toujours la résurrection.


16 ans après la fin de l’expérience (septembre 1993), l’omerta sur le projet et ses créateurs est toujours de mise. Les propriétaires du site (la famille Bass) et les universitaires ont gommé du campus de Biosphere 2 toute référence et toute trace de l’équipe initiale de pionniers. Il n’y a qu’à lire l’historique de Biosphere 2 sur le site Internet de l’Université de l’Arizona : nulle part il n’est mention de John Allen et de ses acolytes. C’est consternant et relève du révisionnisme. J’avais déjà remarqué cela, sans en comprendre les raisons, en 1999 lorsque j’avais visité le campus, alors opéré par Columbia University.


Biosphere 2 doit être réhabilitée et j’espère qu’à son humble échelle mon roman y participera.

dimanche 11 octobre 2009

L'Enchanteur de Sadhana Forest


Mon ami et beau-frère David est allé en Inde cet été à Pondichéry. Il a profité de son séjour pour faire un détour par Auroville (cf. mon précédent post sur Auroville) et voir le très charismatique Aviram Rozin que nous avions rencontré à la première du film Auroville, une terre pour demain. Vers une écologie spirituelle de Michèle Decoust. Ce qu’il a ramené de cette visite est extraordinaire et je vais essayer d’être aussi fidèle que possible à son récit.


Sadhana Forest se trouve à l’extérieur du cœur « vert » d’Auroville, là où presque rien encore ne pousse (Auroville a été bâtie elle aussi dans un désert). Après avoir traversé à vélo ce désert de rocailles, des arbres apparaissent soudain, des hectares d’arbres implantés par l’homme là où ils avaient disparu.


L’enchanteur derrière cette prouesse s’appelle Aviram Rozin. Originaire d’Israël, il a décidé en 2003 de s’installer avec sa femme Yorit et sa fille à Auroville pour donner un sens à sa vie. Ce sens, il l’a trouvé à travers ce projet Sadhana Forest qu’ils ont imaginé. Sa vision était de refaire partir une forêt de 30 hectares au milieu de nulle part. Au bout de 6 ans, ce pari semble bien parti pour être gagné, 20 000 arbres ont été plantés (pour la plupart encore vivants) mais le projet mettra entre 20 ou 30 ans pour être mené à sa fin. Il est l’Elzéar Bouffier du roman de Giono L’homme qui plantait des arbres dont je vous avais parlé sur ce blog.


Pour réaliser ce miracle, Aviram Rozin s’est d’abord attaqué au problème de l’eau. Si rien ne pousse, c’est que l’eau ne reste pas. Elle glisse sur le sol, ruisselle et n’alimente pas les nappes phréatiques. Pour retenir cette eau filante en l’absence d’humus, il a commencé par creuser des trous dans les zones les plus hautes (sinon c’est inutile). A proximité de ces bassins de rétention, il a ensuite planté des arbres à feuilles caduques (c’est-à-dire des arbres qui perdent leurs feuilles). En tombant, ces feuilles ont créé de l’humus qui limite à son tour le ruissellement. Un cercle vertueux est amorcé. De véritables digues ont été construites partout pour retenir et alimenter les nappes phréatiques qui sont remontées de près de six mètres. Aujourd’hui la forêt est belle et agréable, les animaux y sont de retour. Les volontaires de Sadhana Forest vont peu à peu faire des coupes dans la forêt et remplacer les espèces choisies par Aviram par des plantes indigènes. Aviram travaille aussi sur l’optimisation de l’utilisation de l’eau et de l’énergie nécessaires pour subvenir aux besoin de la communauté Sadhana.


La permaculture


A Sadhana Forest, en plus de faire grandir les arbres, Aviram Rozin a fait aussi grandir les hommes. Pour Aviram Rozin, ce projet en lisière d’Auroville n’est donc qu’une première étape, un « proof of concept » comme on dit en anglais. Il voudrait étendre l’expérience à d’autres lieux où l’eau manque et où la nature a disparu. La finalité de Sadhana va plus loin que simplement planter des arbres car il s’agit bien créer des écosystèmes permanents avec des liens entre faune, flore, humains et terrains. Pour chaque nouveau lieu, il faudra s’y prendre différemment, en prenant en compte les particularités topographiques, minérales, botaniques ou climatiques de l’endroit. Il n’y aura donc pas de recette « Sadhana Forest » mais plutôt des principes. Ces principes sont en grande partie inspirés de la permaculture. Les principes de la permaculture sont très proches de ceux qui avaient été mis en œuvre pour la conception de l’écosystème clos Biosphere 2, une de mes plus grandes passions abordée ici à plusieurs reprises (ça me rappelle que je dois d’ailleurs finir ma série commencée l’an dernier sur ce blog et vous parler de la suite de mon enquête et de ma rencontre en décembre 2008 avec les acteurs du projet Biosphere 2… oops).


L’idée de la permaculture remonte au milieu des années 70 et aux travaux de deux agriculteurs australiens Bill Mollison et David Holmgren. Révoltés par les ravages de l’agriculture industrielle et inspirés par les publications d’Howard Odum (l’un des conseillers de Biosphere 2), ils ont publié le livre Permaculture One, œuvre fondatrice de ce nouveau concept agricole. La permaculture est une approche systémique qui recense chacun des éléments d’un écosystème, établit pour chacun la liste des entrées et des sorties et des processus internes et essaye de combiner les relations entre ces éléments pour que l’ensemble soit aussi harmonieux, efficace et robuste. La permaculture va donc bien plus loin que l’agriculture productiviste qui cherche uniquement (pour être caricatural) à maximiser un rendement de court terme. Elle s’accompagne aussi d’une triple éthique : prendre soin de la Terre, prendre soin des hommes, distribuer équitablement. Le dessin ci-dessous (sur lequel vous pouvez zoomer) intitulé « Mandala de la Permaculture » et conçu par l’artiste Graham Burnett résume bien cette philosophie.


Pour en savoir plus sur ces concepts très profonds, je vous conseille d’utiliser Wikipedia comme point de départ (en français et en anglais).


Soutenir Sadhana Forest


La communauté de Sadhana Forest à Auroville arrive aujour’hui à vivre presque de façon autonome, mais a toujours besoin de dons pour poursuivre ses travaux et surtout commencer à essaimer ce savoir-faire ailleurs à l’étranger. Ils sont en train de réfléchir à un terrain particulièrement aride au Maroc. Aviram Rozin pense pouvoir à terme subvenir aux besoins en eau de 15000 personnes. Si ce projet vous intéresse, vous pouvez déjà envoyer des dons à l’association Fotosintesia qui joue le rôle d’interface en France avec Sadhana. Cette association est très sérieuse, nous la connaissons. Ces dons donnent lieu à un abattement fiscal de 66%, donc il n’est pas encore trop tard pour en profiter sur vos impôts 2010 (calculés sur vos revenus 2009). Le formulaire décrivant la procédure de déversement est téléchargeable ici.


Au delà de la permaculture : la permasociologie ?


Quand j’ai entendu parler de la permaculture, je me suis mis à imaginer un concept de permasociologie (ou même de permaéconomie). Imaginons une méthode (ou plutôt des outils) qui permette de refaire jaillir la vie sociale là où il n’y en a plus : une banlieue gangrenée par la violence et le chômage, une zone de non-droit livrée aux mafias, un pays anéanti par une guerre ou une dictature, une région dévastée après un cataclysme naturel ou un accident industriel, une famille après un drame, une entreprise après un scandale… Je crois qu’une telle sociologie de reconstruction transposée de la permaculture (c’est à dire d’une analyse systémique des liens entre la population, son environnement, son histoire, ses espoirs, ses flux d’énergie) serait formidable pour le futur de nos sociétés et de notre planète.



Évidemment chaque cas différerait (comme le revendique la permaculture) et tout cela serait bien dans la lignée de la pensée de Réné Dubos qui le premier avait dit « Penser globalement, agir localement ». Silencieusement c’est ce que font déjà des centaines de milliers d’associations, d’ONG et de personnes à travers le monde. Ce tissu silencieux s’il devient coordonné aura une force phénoménale que Paul Hawken (l’auteur de l’extraordinaire Natural Capitalism en 1999, certainement l’un des livres les plus importants de ces dernières décennies, j’y reviendrai un jour) a très bien décrit dans son dernier ouvrage Blessed Unrest. Ce livre est le résultat d’une analyse de 10 ans où il a essayé de recenser tous les mouvements actifs dans la défense de l’environnement ou de la justice sociale. Lorsque le livre a été lancé (le jour de la Terre en avril 2007), il a lancé également un site Internet baptisé Wiser Earth. Ce site sous la forme d’un wiki répertorie et met en relation près de 100 000 associations à travers le monde. Je vous invite à y faire un tour.


A propos de l’eau


Ce week-end, deux événements spatiaux importants autour de l’eau :

  • Guy Laliberté (le fondateur du Cirque du Soleil) a réalisé sa mission sociale poétique (dont je vous avais parlé en juin puis en septembre) depuis la Station Spatiale Internationale. Vous pouvez regarder une rediffusion de ce parcours planétaire de deux heures autour du thème du respect de l’eau sur le site de la fondation One Drop: http://broadcast.onedrop.org. Guy Laliberté est revenu sur Terre tout à l'heure sain et sauf.
  • La sonde LCROSS de la NASA est allée percuter la surface de la Lune afin d’y rechercher la présence d’eau. Attendons les résultats maintenant.

mardi 30 juin 2009

Le Sud : salut du Nord ?

C'est la proposition iconoclaste d'Hervé Kempf ce week-end dans Le Monde. Les pays du Sud pourraient en effet nous enseigner les valeurs culturelles associées à la sobriété dont nous manquons tant. A méditer.


Afrique, aide-nous, par Hervé Kempf


LE MONDE | 27.06.09 | 15h40  •  Mis à jour le 27.06.09 | 15h40


Le hasard de l'existence conduit le chroniqueur dans un pays d'Afrique réputé être l'un des plus pauvres du monde. Comme lors de chaque reportage, le chroniqueur enregistre moult observations, émotions, informations, sensations. Mais une idée nouvelle lui apparaît. Encore imparfaite, il la propose au public, comme une proposition de réflexion plus que comme une thèse aboutie. Peut-être est-elle provocatrice.



Le savoir commun dit que si l'on ne parvient pas à enrayer le changement climatique, les premières et principales victimes en seront les pays pauvres de l'hémisphère Sud. Cela ne signifie pas pour autant que les pays du Nord en seraient indemnes. Les conséquences seraient nuisibles partout, quoique selon des degrés différents.


On peut dès lors s'interroger sur la capacité des diverses sociétés à résister ou à s'adapter à ces nouvelles conditions. La proposition paradoxale est que les sociétés les plus riches ne sont pas forcément les mieux placées pour y faire face : habituées à une profusion de biens, baignées dans une idéologie publicitaire posant la surconsommation comme un idéal, organisées selon le principe de la transformation brutale de leur environnement, elles semblent être psychologiquement et culturellement fort dépourvues pour se couler dans de nouvelles et rudes conditions d'existence. Leurs moyens matériels et techniques pourraient pallier une partie des transformations négatives, mais leur "appareillage" mental les handicaperait profondément face à la réduction inévitable de leur niveau de vie.


En revanche, des sociétés habituées à supporter les restrictions, sachant s'organiser avec peu, coutumières de la mobilité ("l'exode"), présenteraient une "résilience" plus grande que les sociétés riches aux tourments à venir.


L'hypothèse : devant les difficultés, l'essentiel n'est pas l'armement technique et matériel, mais l'appareillage culturel et la disposition à vivre sobrement.


Prenons la question sous un angle plus optimiste. Il est possible de prévenir la crise écologique. Cela suppose une réduction drastique de la consommation matérielle et de la consommation d'énergie par les pays les plus gaspilleurs. Ceux du Nord. Pour y parvenir, ils doivent se déconditionner, se désaliéner de l'idéologie consommatoire, selon laquelle plus est mieux. L'Afrique peut enseigner à l'Occident comment s'accommoder de la frugalité. Le débat n'est pas ici que la simplicité soit subie ou choisie ; l'important est qu'elle forme le fond de sa vie quotidienne et de sa culture. Pour prévenir la crise écologique, l'Europe pourrait ainsi demander à l'Afrique de l'aider à modifier son mode de vie. En fait, l'Europe a besoin qu'on l'aide à développer ses valeurs culturelles de sobriété.


Afrique, aide notre développement mental.

Afrique, aide l'Europe à entrer dans la nouvelle histoire.